Intrants : indicateurs de charges alimentaires au vert

Les principaux indicateurs de charges en production porcine s’améliorent pour la troisième année consécutive. Cette situation favorable, qui devrait perdurer sur le 1er semestre 2018, concourt à l’amélioration actuelle des résultats économiques. Toutefois, la vigilance reste de rigueur tant que la pérennité des cours ne sera pas assurée et que les trésoreries resteront fragiles.

Optimisme sur les prix des aliments

Après un pic en 2013 à 330 € /tonne, le coût alimentaire en production porcine revient à des niveaux plus raisonnables compris entre 230 et 250 € / tonne sur 2017, grâce à des cours des céréales orientés à la baisse. En effet, pour la récolte 2017, les cours du blé qui étaient sur une tendance haussière modérée depuis plusieurs mois, frôlent fin août la barre des 150 € / tonne tant sur les marchés physiques que sur les marchés à terme.

En France, les prévisions de récolte sont meilleures que prévues et la qualité des blés est excellente mais la parité euro-dollar (autour de 1€ =1,20$) pénalise les céréales françaises et européennes sur le marché international. Les récoltes nationales d’orge et de colza annoncent également des tonnages en augmentation.

alimentation porc

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L’ensemble des valeurs correspondent aux indices mensuels bruts des prix d’achat des moyens de production (Ipampa) base 100 en 2010.

Le marché du soja, quant à lui, après une récolte 2016 abondante est orienté à la baisse sur 2017. Le cours du tourteau de soja est estimé aux environs de 300 €/ tonne fin juillet 2017. Toutefois, le déficit hydrique qui perdure dans plusieurs zones de production américaine est particulièrement néfaste à la culture de soja et pourrait générer un retournement de tendance à moyen terme. L’ensemble de ces facteurs devrait concourir à une baisse des prix de l’aliment pour 2017/2018. L’aliment représente 63% du coût de production en 2016-2017. Le maintien des coûts alimentaires aux niveaux actuels permet de contenir le coût de production et de contribuer à l’amélioration de la marge brute.

Si les charges alimentaires diminuent, les autres charges proportionnelles sont en légère hausse. Concernant les coûts vétérinaires, l’augmentation lente mais constante se poursuit. Les charges proportionnelles (vétérinaire, frais d’élevage, location et taxes) représentent tout de même 10% du coût de production sur la période 2016-2017. Il convient de bien maîtriser ces charges pour en diminuer l’impact sur le coût de production.

Coût de production à la baisse

Avec 26% du coût de production, les charges de structure sont également un poste important. Le coût de mécanisation, les frais de bâtiments et le foncier sont difficilement compressibles et varient fortement entre les différents élevages. Les coûts liés à l’énergie pour chauffer les bâtiments, eux, par contre sont directement dépendant des cours des intrants. L’impact du cours du pétrole n’est donc pas à négliger, d’autant que le cours du gaz y est indexé. Des accords sur une diminution de la production mondiale en vue de faire remonter les cours ont été passés l’an dernier entre les membres de l’OPEP mais ses effets sont modérés, le baril restant en deçà des 60 $ le baril.

Les charges de personnel ainsi que les charges sociales des exploitants sont orientées à la baisse passant à 7,22€/100 kg de carcasse contre 7,91€ un an auparavant.

alimentation porc

Au total, après avoir atteint un pic à plus de 160 € /100 kg net sur 2013-2014 (lié aux prix alimentaires notamment), le coût de production 2016-17 s’établit à 135,90 € /100 kg net contre 143,42 un an auparavant. Cette baisse des indicateurs de charges en production porcine, conjugué à un prix en hausse depuis avril 2016, permet une amélioration des résultats économiques et financiers pour 2017.

Toutefois, dans un contexte de prix du porc à nouveau en baisse, il convient de rester vigilant et de ne pas se relâcher dans la maîtrise des charges.

Le conseil de Cogedis

Cette conjoncture favorable doit être l’occasion pour les éleveurs de consolider leur trésorerie mise à mal par les crises des années précédentes et d’investir dans la modernisation du parc bâtiments.  Contactez-nous !

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