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Gestion / Filière porcine : comparer ses résultats pour progresser

La comparaison de ses résultats techniques et économiques est indispensable pour progresser. Avant de se comparer à un groupe de référence, l’analyse de l’évolution de ses résultats propres est un préalable nécessaire.  Les références de groupe sont un outil précieux, sous réserve qu’elles respectent les règles d’échantillonnage statistiques. La comparaison aux performances des autres permet de se rassurer sur ses propres choix et in fine de déterminer ses marges de progrès.

La performance est relative. Comment apprécier que l’éleveur porcin tire tout le potentiel de son élevage ? Obtenir une productivité de 24 porcelets par truie par an est une bonne performance si la moyenne du groupe auquel on se réfère est de 22. Inversement, si le groupe de référence est à 26 porcelets par truie par an, la performance est modeste.

Évaluer une performance en soi n’a donc pas de sens dans l’absolu et oblige à raisonner par rapport au potentiel et par comparaison aux autres.

Se comparer par rapport à N-1

Chaque élevage porcin possède ses caractéristiques propres, ses contraintes particulières et ses moyens de production spécifiques. Ces éléments impactent les performances techniques et encore plus les résultats financiers.

Alors, avant de tenter la comparaison à un groupe de référence, mieux vaut d’abord se comparer par rapport à soi-même. L’évolution des performances par rapport à N-1 et N-2 permet de mesurer le chemin parcouru.
Si les objectifs ne sont pas atteints, le diagnostic doit être approfondi. C’est aussi le meilleur moyen pour se fixer ses objectifs d’amélioration pour N+1 et transformer les décisions en actions. C’est par un pilotage fin que l’on arrive à améliorer ses performances. La somme des bonnes « petites » décisions et améliorations du quotidien garantissent la performance dans la durée.

Comparer ce qui est comparable

Comparer ses performances à un groupe de référence est source d’amélioration. Encore faut-il comparer ce qui est comparable. Sur le plan technique, le groupe de référence doit répondre à des règles statistiques. L’échantillon doit être suffisant pour être représentatif, en particulier quand on isole les quartiles pour affiner la comparaison.
La période doit également être équivalente. De même, les élevages doivent avoir un système homogène et des effectifs sensiblement identiques. En matière d’élevage hors sol, l’ancienneté des bâtiments impacte fortement les performances des bâtiments. Enfin la zone géographique de référence doit correspondre à un périmètre identifié, bien que les conditions agro-pédo-climatiques influencent moins la performance que dans d’autres activités d’élevage. Sur le plan économique et financier, le point d’équilibre et l’EBE permettent de comparer les résultats, quels que soient le niveau des investissements et l’âge des bâtiments.

Définir ses marges de progrès

Ce type de comparaison va permettre également de valider ses choix. Par exemple : j’ai des coûts de structure qui augmentent mais je constate le même phénomène dans mon groupe de référence. Je suis conforté dans ma stratégie et dans mon pilotage car les facteurs sont exogènes.


Il est important de ne pas se contenter de la moyenne qui peut cacher des dispersions importantes. Pour progresser et s’améliorer, la comparaison doit se faire auprès du groupe des 25 % meilleurs. Cette démarche positive permet de trouver de la motivation. C’est aussi, et surtout, la possibilité de se fixer ses propres objectifs d’amélioration. Les objectifs doivent être réalistes, c’est-à-dire atteignables et s’inscrire dans le temps.

La méthode « SMART » permet de définir le cadre :
S pour spécifique, précis
M pour mesurable, quantifiable
A pour ambitieux, source de mobilisation et de motivation
R pour réaliste, l’objectif doit être atteignable
T pour temporel, il y a une échéance à chaque action

Elargir sa vision

« Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ». Comparer ses performances aux autres bassins de production et notamment étrangers permet d’élargir la réflexion. La compétition internationale est rude et c’est le plus solide qui gagne.  Il est plus difficile d’obtenir des statistiques fiables de l’étranger : la démarche doit donc être collective pour pouvoir aboutir.
Il convient d’être particulièrement attentif aux méthodes de calculs afin de comparer ce qui est comparable.  L’idée ici n’est pas de disposer d’un outil de pilotage quotidien mais plus de vérifier la cohérence de ses choix stratégiques.
Au-delà des performances techniques, il est intéressant de porter une attention particulière à la structure des coûts de production car c’est bien là que se font les différences au final. Etant donnés les capitaux investis, une analyse financière poussée permet de comparer la capacité d’investissement et de résilience dans un contexte conjoncturel volatil.

Le conseil de Cogedis aux éleveurs porcins

Si la comparaison permet de progresser, elle ne doit pas démotiver l’éleveur en cas de dégradation de ses propres performances par rapport au groupe.


Les données techniques et économiques  (clôture de octobre 2015 à septembre 2016)
Filière Porcine

Cogedis a développé des outils de comparaison et de prévision des résultats, spécialement dédiés aux élevages. Contactez-nous !