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Gestion / Crowdfunding : le financement participatif en plein essor

Le crowdfunding (« financement par la foule ») suscite un fort engouement depuis quelques années. En France, ce mode de financement a permis de collecter 78 M€ en 2013, 152 M€ en 2014 et, 297 M€ en 2015 !

Qu’est-ce que le crowdfunding ?

Un porteur de projet cherche un financement pour son idée (création d’entreprise, achat de matériel, etc.), il dépose son projet sur une plateforme de financement participatif en ligne et indique le montant espéré pour le réaliser.

Une soixantaine de plateformes de crowdfunding existent en France. Elles sont souvent thématiques : innovation (KissKissBankBank), agriculture (Miimosa), PME (Wiseed) ou plus généraliste (Ulule, MyMajorCompany). Elles permettent différents types de collectes de fonds : les dons (17 %) avec ou sans contrepartie (objet, entrée gratuite, etc.) ; les prêts (66 %) avec ou sans rémunération ; les investissements en capital (17 %). Les « crowdfunders » consultent les différents projets et investissent dans des projets « coup de cœur ». L’argent est versé au porteur de projet quand le montant espéré est atteint, sinon chaque contributeur récupère la somme qu’il a proposée.

Les collectes moyennes sont de 4 181 € pour les dons avec récompense, 224 152 € pour les prêts rémunérés et 448 460 € pour les investissements en capital. Les financeurs ont majoritairement entre 35 et 49 ans, la moyenne d’âge étant plus élevée pour les investissements et plus jeune pour les dons. Les contributions moyennes varient selon le type de fonds collectés : 56 € pour les dons avec récompense, 426 € pour les prêts rémunérés et 4 342 € pour les investissements en capital.

Pourquoi faire appel au crowdfunding ?

Ce mode de financement participatif peut permettre de donner une large visibilité au projet, ou simplement tester l’engouement pour une idée. La plateforme est ainsi un moyen de valoriser son image, son savoir-faire et de créer des relations clients durables. Même s’il ne finance pas 100 % du projet, il peut permettre de convaincre les banques d’apporter le reste du financement. Par ailleurs, selon le type de collecte, il existe des avantages fiscaux pour les crowdfunders.

Quelles sont les clés de réussite ?

L’implication du porteur de projet est déterminante, il doit mener une campagne active auprès de son réseau, en communiquant (réseaux sociaux, mailing, presse, etc.), en répondant aux questions, en motivant les éventuels investisseurs. La durée de la campagne ne doit pas être trop longue pour éviter le phénomène de procrastination (45 jours en moyenne) et le montant demandé doit être réaliste.

Les points de vigilance

Les « crowdfunders » doivent être conscients qu’il existe un risque de perte de tout ou partie du capital investi ou des fonds prêtés. Par ailleurs, le porteur de projet doit aussi être conscient que la plateforme prélève 3 à 12 % des sommes obtenues (selon le type de fonds collectés) et qu’il s’agit d’une campagne chronophage.

Un mode de financement encadré par la législation

En 2014, la réglementation a été adoptée (ordonnance n° 2014-559 du 30 mai 2014) pour favoriser le développement du financement participatif dans un environnement sécurisant pour les contributeurs. Ainsi, les plateformes doivent justifier d’un statut réglementé (conseiller en investissement participatif, intermédiaire en financement participatif pour les prêts, etc.).

Ce que Cogedis vous conseille de retenir

Le crowdfunding se base sur la logique selon laquelle les petits efforts accumulés peuvent aboutir à de grands projets. Pour obtenir son financement, le porteur doit mener une campagne de communication active et pertinente. Chaque année, un baromètre du crowdfunding permet de suivre le développement de ce mode de financement.